mardi 8 novembre 2016

Sous les jupons de La femme aux cartes postales

Les artistes qui travaillent avec des logiciels tels que Photoshop emploient ce qu'on appelle des calques; une superposition de couches plus ou moins transparentes qui, mises devant ou dessous leur dessin initial, donnera le rendu final qui apparaîtra à l'impression.

En regardant la listes des calques d'une illustration, on en apprend beaucoup sur les illustrateurs.  Certains découperont leur image en avant-plans et arrière-plans.  D'autres sépareront en couches les couleurs, d'autres les différents éléments de l'image.   La liste de calques exprime de façon assez éloquente la façon dont chaque artiste analyse la vision du monde qui l'entoure.  Comment il la comprend, comment il se l'explique.

Les planches de La femme aux cartes postales  sont également construites en couches successives de calques sur un dessin fait initialement au crayon de plomb.  Tout simple et à la fois, plus compliqué qu'il n'en parait.  Rincez-vous l’œil, c'est pas tous les jours que je lève le jupon de ma BD pour vous faire entrevoir les lingeries de fines dentelles et de gros cotons qui se superposent pour donner le résultat que vous connaissez!

Étape 1 - esquisse préliminaire.  Chaque case est croquée individuellement et placée dans le gabarit de la planche.  à l'écran, elles seront recadrées, les personnages repositionnés, les plans zoomés etc.

Étape 2 - Crayonné final.  Le dessin sera repris en y ajoutant les détails finaux et les décors.

Étape 3 - Fonds. J'applique avec Photoshop des lavis d'aquarelle, préalablement numérisés, sous chaque case selon l'éclairage que je prévois.

Étape 4 - Lumière.  Au-dessus des lavis, je rajoute un calque opaque que j'appelle "lumière".  J'y ajoute, au pinceau virtuel, les parties du dessin réfléchissant la lumière, ou simplement les éléments plus clairs que le fond.

Étape 5 - Ombre.  Sous le calque "lumière", je rajoute un calque en mode transparent, que je nomme "ombre", ce qui viendra  donner du contraste à l'image et, paradoxalement, faire ressortir les parties lumineuses des dessins.


Évidement, c'est un peu simplifié, je l'avoue, puisque dans la réalité il m'arrive de devoir ajouter des calques supplémentaires pour les reflets, la fumée, les ombres portées, la pluie, les projections etc.   Mais somme toute, c'est assez fidèle à ma façon de concevoir l'image: en couche d'ombres et de lumières.


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