jeudi 24 mars 2016

Travailler dans les cabarets.

En prévision de la sortie de l'album de BD La femme aux cartes postales, quelques capsules seront mises en ligne pour mettre dans son contexte historique le récit de ce roman graphique prévu pour avril 2016, à La Pastèque.








Claude Blanchard et Léo Rivest, célèbre duo de cette époque.

Claude Blanchard, maître de cérémonie à la Casa Loma



LA PAYE.
La pègre faisait bon ménage avec le monde du show-business.  Il faut dire que c'était bien avant les ministères de la Culture, conseils des arts et autres organismes gouvernementaux voués au soutien du milieu culturel.  On offrait des salaires intéressants aux artistes.  À titre d'exemple, dans les années 60 les artistes étaient payés entre 35$ et 55$ par semaine.  Certains clubs, comme le Lion d'or, payaient leur maître de cérémonie 85$ par semaine, danseuses 70$, un nouveau numéro original 100$.  À titre de comparaison, à cette époque, un menuisier était payé 70$ par semaine.

Jean Guilda, Alias Guilda, la plus célèbre travestie des années 50
LES TRAVESTIES.
Même si la pègre contrôlait les cabarets du centre-ville, ces établissements n'étaient pas dangereux pour les travesties et les transsexuelles.  Elles y étaient respectées et faisaient l'objet d'une admiration toute particulière.  Contrairement à la majorité des travailleuses de clubs, elles n'étaient pas obligées de payer leur cotisation à la pègre quand elles travaillaient dans les cabarets.  Leur travail, à titre d'artiste ou prostituée rapportait gros à la mafia.  Mais une des sources importantes de revenu pour les clubs, c'était l'alcool, et les filles savaient faire boire les clients et se faire offrir des consommations.



LES PHONEYS
Les cabarets des années 50 et 60 servaient aussi des phoneys qui procuraient des revenus substantiels aux établissements.  Il s'agissait de consommations contrefaites avec des ingrédients peu coûteux.  À titre d'exemple, le champagne était constitué de champagne, mais aussi de vin blanc et de soda.  Tous le monde était au courant de ce subterfuge.  La police a même tenté des interventions en infiltrant le milieux mais, devant le juge, l'avocat de la défense a invoqué qu'on servait ces drinks dilués aux hôtesses pour pas qu'elles soient trop saoules en buvant toute la soirée.  Le juge lui a donné raison et a ordonné l'acquittement.

Pour plus de détails, je vous invite à visiter l'exposition Scandale au Centre d'histoire de Montréal.

Source:
C'était du spectacle!  L'histoire des artistes transsexuelles à Montréal, 1955-1985
de Viviane Namaste  McGill-Queen's Press - MQUP

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