vendredi 11 mars 2016

En studio!

Il y a de belles surprises qui se préparent dans un studio autour du roman graphique La femme aux cartes postales.  À suivre!

lundi 29 février 2016

"The Corner"

En prévision de la sortie de l'album de BD La femme aux cartes postales, quelques capsules seront mises en ligne pour mettre dans son contexte historique le récit de ce roman graphique prévu pour avril 2016, à La Pastèque.




De 1945 jusque dans les années 50, le centre névralgique du jazz à Montréal s'appelle, The Corner.  Un simple coin de rue situé downtown à l'intersection des rues Craig, rebaptisée aujourd'hui Saint-Antoine, et  De la Montagne qui marquera l'histoire du jazz dans la métropole.  On y retrouve le Café Saint-Michel avec le fabuleux musicien américain, Louis Metcalf, mais surtout le légendaire Rockhead's Paradise dont la réputation dépassait les frontières. 
  

Au Rockhead, bien que la clientèle soit mixte, seuls les musiciens de couleurs sont invités à y jouer, pied de nez à plusieurs hôtels uptown qui refusent encore à l'époque la présence de noirs, même sur scène. À titre d'exemple, le Ritz Carlton, après avoir appris que le pianiste d'un orchestre engagé à la dernière minute était de couleur, a tenté de le faire remplacer par un blanc.  Grâce à l'intervention de Johnny Holme, qui dirigeait la formation, ce jeune pianiste aura été le premier musicien noir à être toléré dans la légendaire institution de Montréal.  Son nom: Oscar Peterson.  Autres temps, autres mœurs.


Feu Rufus Rockhead est considéré aujourd'hui comme un des grands acteurs de la communauté noire de Montréal et les quelques personnes qui se rappellent avoir fréquenté l'établissement se souviennent de l'élégant et charismatique patron qui offrait une rose à chaque dame qui entrait dans son nightclub.




Photo: Google Streetview


 Aujourd'hui,  le Rockhead n'est plus qu'un terrain vague en face du Centre Bell.  Appelons ça de la mémoire sélective.

vendredi 12 février 2016

Des bulldozers contre le vice.

En prévision de la sortie de l'album de BD La femme aux cartes postales, quelques capsules seront mises en ligne pour mettre dans son contexte historique le récit de ce roman graphique prévu pour avril 2016, à La Pastèque.

  

Durant les année 50 et 60, la Ville de Montréal procède à un gigantesque plan de modernisation.  Le plan Dozois éliminera les taudis pour construire les Habitations Jeanne-Mance, les autoroutes Ville-Marie et Bonaventure et la Cité des ondes, d'où ne sera érigée finalement que la tour de Radio-Canada.  Disparaîtront ainsi le Faubourg à m'lasse, Goose Village, une partie du Red Light et du Chinatown.  De cette transfiguration de la métropole, il nous restera, comme un héritage, une fabuleuse banque de photos des Archives de la Ville de Montréal.

Archives de la Ville de Montréal
En effet, la Ville avait mandaté une équipe dont Jean-Paul Gill, Ludger Lécuyer et Rhéal Benny pour photographier tous les lieux et résidences visés par l'expropriation.  On veut nettoyer le quartier de ses délinquants, de la mafia, de la prostitution, du jeu et de la drogue.

C'est à l'été 1957 que sont envoyés les premiers avis d'éviction.  Les expropriations se poursuivent jusqu’en 1959, les travaux de construction jusqu'en 1961.  Des dizaines de familles verront leur  logement disparaitre devant le passage des bulldozers.  Ils seront envoyés dans les bureaux d'aide aux locataires pour qu'on les reloge.











De cette guerre à l'insalubrité et au crime, il ne restera qu'une série de clichés, témoin de la vie de quartier de ces rues et ruelles aujourd'hui disparues avec, comme un fantôme, ce fonctionnaire anonyme qui revient dans la majorité d'entre elles; un fantôme qui tient sa pancarte avec un numéro pour les registres de la Ville.

Été 1958, Rose le croise devant chez elle, sur la rue Sainte-Élizabeth. À voir dans La Femme aux cartes postales.

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous invite à consulter le superbe livre Quartiers disparus qui reprend plusieurs des photos des Archives de la Ville de Montréal ayant servi à l'exposition du même nom au Centre d'histoire de Montréal.


Archives de la Ville de Montréal

mercredi 27 janvier 2016

Dans le ventre de la Casa Loma.


En prévision de la sortie de l'album de BD La femme aux cartes postales, quelques capsules seront mises en ligne pour mettre dans son contexte historique le récit de ce roman graphique prévu pour avril 2016, à La Pastèque.

La Casa Loma, 94 Ste-Catherine est, un des plus célèbres cabarets du Red Light de Montréal durant les années 50 et 60.  Sur sa scène monteront Alys Robi, Les Jérolas, Claude Blanchard et Léo Rivest, Muriel Millard, Dominique Michel et plusieurs autres avec, comme maitre de cérémonie, Jen Roger, et Paolo Noël.  Les nuits de la Casa Loma ont été immortalisées sur plusieurs disques enregistrés sur place dont ceux de Jacques Desrosiers, Ti-Gus et Ti-Mousse ainsi que Ginette Reno.
Archives de la Ville de Montréal
À son deuxième étage se succèderont plusieurs clubs dont la boîte Chez Isidore puis, le Jazz Hot où joueront, entre autres, Miles Davis, John Coltrane et Gerry Mulligan et Duke Ellington qui y enregistrera une captation pour la télévision.

La possibilité que Miles Davis ait pu croiser Ti-Gus et Ti Mousse dans l’escalier montant à l’étage a certainement contribué au choix que nous avons fait d’y faire jouer notre trio, Rainbow McPhee And King.  C'est en effet au Jazz Hot que Rose fera son tout premier bout d'essai.
 
Propriété de la mafia italienne, La Casa Loma à connu plusieurs épisodes sombres dont un triple meurtre en 1971 pour lequel  trois membres connus de la mafia, dont le gérant et propriétaire, ont été acquittés suite à l'intervention de leur avocat, Raymond Daoust, (qui fondera le journal Photo-Police).  À la fin des années cinquante, les temps sont durs pour les propriétaires de salles et de clubs, en partie à cause de la télévision.  Les télédiffuseurs invitent les artistes à jouer sur les plateaux de télé pour les émissions de fin de soirée.  À cette époque, tous les enregistrements se faisaient en direct, ce qui priva beaucoup de cabarets de leurs têtes d’affiche.  Certains fermeront leurs portes, d’autres se tourneront vers le dernier divertissement que la télévision ne montrera jamais : les effeuilleuses.  Et c’est ainsi que le Café Canasta deviendra le Café Cléopâtre, que Chez Parée deviendra… Chez Parée.

Aujourd’hui, l’édifice de la Casa Loma est toujours debout et héberge le club de danseurs le 281. 

Archives de l'Université Concordia


mercredi 20 janvier 2016

Moralité publique !

En prévision de la sortie de l'album de BD La femme aux cartes postales, quelques capsules seront mises en ligne pour mettre dans son contexte historique le récit de ce roman graphique prévu pour Avril 2016, à La Pastèque.



La femme aux cartes postales


1920. Le Québec refuse la prohibition imposée aux États-Unis. C’est à Montréal que les Américains vont venir faire la fête.   Jusqu’aux années 50, la métropole sera « Las Vegas du Nord », la ville de tous les plaisirs, la ville de tous les excès.

Face à la corruption de l'administration publique, de la police, des juges, avocats et journalistes, face à la main mise du crime organisé sur tout le réseau des cabarets du centre-ville, le jeune avocat Jean Drapeau mènera, aux côtés de Pax Plante, l'incorruptible, une enquête sur la moralité.  Le rapport accablant de la commission qui suivra,  présidée par le juge Caron, sera déposé à quelques semaines des élections municipales.  20 policiers sont poursuivis puis arrêtés. 

La femme aux cartes postales


Profitant d'un vent de sympathie, Drapeau se présente sous la bannière de la Ligue d’action civique et remporte les élections. Le nettoyage commence.



mardi 19 janvier 2016

Cabaret, cabaret !

C'est en avril que paraitra, à La Pastèque, l'album La femme aux cartes postales, un roman graphique co-scénarisé avec Claude Paiement (le Naufragé de Memoria)

1957. Rose quitte sa Gaspésie natale pour Montréal en laissant, derrière elle, une lettre sur son oreiller.  Elle rêve de devenir chanteuse de jazz et de briller sur les scènes des prestigieux cabarets de la métropole.  Mais à Montréal, c’est la fin d’une époque. Une autre réalité l’attend.

 2002. En Gaspésie, Victor vient d’acquérir une maison abandonnée.  Il y découvre des photos aux murs,  des souvenirs d’enfance, et un terrible secret de famille.

samedi 16 janvier 2016

Jacques Hurtubise

Jacques Hurtubise, l'éditeur et fondateur de la revue Croc est décédé il y a quelques semaines.  Je reviens d'une émouvante rencontre avec plusieurs collaborateurs, collègues et amis venus lui rendre hommage.  Curieux mélange d'émotion et de joie de se retrouver à la mémoire d'un de ceux sans qui certains d'entre nous ne seraient pas devenus qui ils sont.  En guise de remerciement pour sa confiance, une coupure de journal que j'ai gardée toutes ces années dans un tiroir.  Merci Jacques !