mercredi 6 avril 2016
Casser la glace.
La BD, je ne l'apprends à personne, c'est un travail de moine. Des mois, voire des années à travailler, reclus, sur un obscure projet secret qui va devenir une obsession, comme un amour clandestin qu'on ne peut partager. Et quand vient le temps de sortir au grand jour, c'est avec une petite angoisse qu'on redoute le premier regard extérieur, la première opinion significative, ... et surtout, la première critique.
jeudi 31 mars 2016
Lancement de La femme aux cartes postales.
Au plaisir de vous voir au lancement de La femme aux cartes postales mercredi 13 avril au Centre d'histoire de Montréal sur les lieux de l'exposition Scandale! . J'y serai avec Claude Paiement pour signer les albums. Si vous préférez une dédicace dessinée, rendez-vous le lendemain à partir de 17h30 chez Planète BD à Montréal.
jeudi 24 mars 2016
Travailler dans les cabarets.
En prévision de la sortie de l'album de BD La femme aux cartes postales, quelques
capsules seront mises en ligne pour mettre dans son contexte
historique le récit de ce roman graphique prévu pour avril 2016, à La
Pastèque.
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| Claude Blanchard et Léo Rivest, célèbre duo de cette époque. |
| Claude Blanchard, maître de cérémonie à la Casa Loma |
LA PAYE.
La pègre faisait bon ménage avec le monde du show-business. Il faut dire que c'était bien avant les ministères de la Culture, conseils des arts et autres organismes gouvernementaux voués au soutien du milieu culturel. On offrait des salaires intéressants aux artistes. À titre d'exemple, dans les années 60 les artistes étaient payés entre 35$ et 55$ par semaine. Certains clubs, comme le Lion d'or, payaient leur maître de cérémonie 85$ par semaine, danseuses 70$, un nouveau numéro original 100$. À titre de comparaison, à cette époque, un menuisier était payé 70$ par semaine.
| Jean Guilda, Alias Guilda, la plus célèbre travestie des années 50 |
Même si la pègre contrôlait les cabarets du centre-ville, ces établissements n'étaient pas dangereux pour les travesties et les transsexuelles. Elles y étaient respectées et faisaient l'objet d'une admiration toute particulière. Contrairement à la majorité des travailleuses de clubs, elles n'étaient pas obligées de payer leur cotisation à la pègre quand elles travaillaient dans les cabarets. Leur travail, à titre d'artiste ou prostituée rapportait gros à la mafia. Mais une des sources importantes de revenu pour les clubs, c'était l'alcool, et les filles savaient faire boire les clients et se faire offrir des consommations.
LES PHONEYS
Les cabarets des années 50 et 60 servaient aussi des phoneys qui procuraient des revenus substantiels aux établissements. Il s'agissait de consommations contrefaites avec des ingrédients peu coûteux. À titre d'exemple, le champagne était constitué de champagne, mais aussi de vin blanc et de soda. Tous le monde était au courant de ce subterfuge. La police a même tenté des interventions en infiltrant le milieux mais, devant le juge, l'avocat de la défense a invoqué qu'on servait ces drinks dilués aux hôtesses pour pas qu'elles soient trop saoules en buvant toute la soirée. Le juge lui a donné raison et a ordonné l'acquittement.
Pour plus de détails, je vous invite à visiter l'exposition Scandale au Centre d'histoire de Montréal.
Source:
C'était du spectacle! L'histoire des artistes transsexuelles à Montréal, 1955-1985
de Viviane Namaste McGill-Queen's Press - MQUP
vendredi 11 mars 2016
En studio!
Il y a de belles surprises qui se préparent dans un studio autour du roman graphique La femme aux cartes postales. À suivre!
lundi 29 février 2016
"The Corner"
En prévision de la sortie de l'album de BD La femme aux cartes postales, quelques
capsules seront mises en ligne pour mettre dans son contexte
historique le récit de ce roman graphique prévu pour avril 2016, à La
Pastèque.
Feu Rufus Rockhead est considéré aujourd'hui comme un des grands acteurs de la communauté noire de Montréal et les quelques personnes qui se rappellent avoir fréquenté l'établissement se souviennent de l'élégant et charismatique patron qui offrait une rose à chaque dame qui entrait dans son nightclub.
| Photo: Google Streetview |
vendredi 12 février 2016
Des bulldozers contre le vice.
En prévision de la sortie de l'album de BD La femme aux cartes postales, quelques
capsules seront mises en ligne pour mettre dans son contexte
historique le récit de ce roman graphique prévu pour avril 2016, à La
Pastèque.
Durant les année 50 et 60, la Ville de Montréal procède à un gigantesque
plan de modernisation. Le plan Dozois éliminera les taudis pour
construire les Habitations Jeanne-Mance, les autoroutes
Ville-Marie et Bonaventure et la Cité des ondes, d'où ne sera érigée finalement que la tour
de Radio-Canada. Disparaîtront ainsi le Faubourg à m'lasse,
Goose Village, une partie du Red Light et du Chinatown. De cette
transfiguration de la métropole, il nous restera, comme un héritage, une fabuleuse banque de photos des Archives de la Ville de Montréal.
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| Archives de la Ville de Montréal |
En effet, la Ville avait mandaté une équipe dont Jean-Paul Gill, Ludger Lécuyer et Rhéal Benny pour photographier tous les lieux et résidences visés par l'expropriation. On veut nettoyer le quartier de ses délinquants, de la
mafia, de la prostitution, du jeu et de la drogue.C'est à l'été 1957 que sont envoyés les premiers avis d'éviction. Les expropriations se poursuivent jusqu’en 1959, les travaux de construction jusqu'en 1961. Des dizaines de familles verront leur logement disparaitre devant le passage des bulldozers. Ils seront envoyés dans les bureaux d'aide aux locataires pour qu'on les reloge.
De cette guerre à l'insalubrité et au crime, il ne restera qu'une série de clichés, témoin de la vie de quartier de ces rues et ruelles aujourd'hui disparues avec, comme un fantôme, ce fonctionnaire anonyme qui revient dans la majorité d'entre elles; un fantôme qui tient sa pancarte avec un numéro pour les registres de la Ville.
Été 1958, Rose le croise devant chez elle, sur la rue Sainte-Élizabeth. À voir dans La Femme aux cartes postales.
Pour en savoir plus sur le sujet, je vous invite à consulter le superbe livre Quartiers disparus qui reprend plusieurs des photos des Archives de la Ville de Montréal ayant servi à l'exposition du même nom au Centre d'histoire de Montréal.
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| Archives de la Ville de Montréal |
mercredi 27 janvier 2016
Dans le ventre de la Casa Loma.
En prévision de la sortie de l'album de BD La femme aux cartes postales, quelques
capsules seront mises en ligne pour mettre dans son contexte
historique le récit de ce roman graphique prévu pour avril 2016, à La
Pastèque.
La Casa Loma, 94 Ste-Catherine est, un des plus célèbres cabarets du Red Light de Montréal durant les années 50 et 60. Sur sa scène monteront Alys Robi, Les Jérolas, Claude Blanchard et Léo Rivest, Muriel Millard, Dominique Michel et plusieurs autres avec, comme maitre
de cérémonie, Jen Roger, et Paolo Noël. Les nuits de la Casa Loma ont été immortalisées sur plusieurs disques enregistrés sur place dont ceux de Jacques Desrosiers, Ti-Gus et Ti-Mousse ainsi que Ginette Reno.
À son deuxième étage se succèderont plusieurs clubs dont la boîte Chez
Isidore puis, le Jazz Hot où joueront, entre autres, Miles Davis, John Coltrane et Gerry Mulligan et Duke Ellington qui y enregistrera
une captation pour la télévision.
La possibilité que Miles Davis ait pu croiser Ti-Gus et Ti
Mousse dans l’escalier montant à l’étage a certainement contribué au choix que
nous avons fait d’y faire jouer notre trio, Rainbow McPhee And King. C'est en effet au Jazz Hot que Rose fera son tout premier bout d'essai.
Propriété de la mafia italienne, La Casa Loma à connu plusieurs épisodes sombres dont un triple meurtre en 1971 pour lequel trois membres connus de la mafia, dont le gérant et propriétaire, ont été acquittés suite à l'intervention de leur avocat, Raymond Daoust, (qui fondera le journal Photo-Police). À la fin des années cinquante, les temps sont durs pour les
propriétaires de salles et de clubs, en partie à cause de la télévision. Les télédiffuseurs invitent les artistes à
jouer sur les plateaux de télé pour les émissions de fin de soirée. À cette époque, tous les enregistrements se
faisaient en direct, ce qui priva beaucoup de cabarets de leurs têtes
d’affiche. Certains fermeront leurs
portes, d’autres se tourneront vers le dernier divertissement que la télévision
ne montrera jamais : les effeuilleuses.
Et c’est ainsi que le Café Canasta deviendra le Café Cléopâtre, que Chez
Parée deviendra… Chez Parée.
Aujourd’hui, l’édifice de la Casa Loma est toujours debout
et héberge le club de danseurs le 281.
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| Archives de l'Université Concordia |
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